Burkina-Soutenance-Doctorat-Histoire
Burkina/Soutenance de thèse : Gérôme Koga décroche son doctorat en histoire avec la mention très honorable
Ouagadougou, 30 mai 2026 (AIB) – L’étudiant Gérôme Koga a brillamment soutenu, vendredi à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, sa thèse unique de doctorat en histoire consacrée aux fondements et aux dynamiques des échanges socioéconomiques et culturels transfrontaliers entre le Burkina Faso et le Bénin de 1960 à 2020. À l’issue de sa présentation, le jury lui a décerné le grade de docteur avec la mention très honorable.
Le président du jury, Pr Yacouba Zerbo, a salué la qualité scientifique d’un travail qu’il a « jugé pertinent, actuel et richement documenté ».
« C’est un thème d’actualité. Qui parle de frontière parle des relations entre États », a déclaré le président du jury, soulignant le caractère transversal de la recherche.
Selon lui, le candidat s’est attaché à mettre en lumière les liens historiques, économiques et culturels qui unissent le Burkina Faso et le Bénin à travers leur espace frontalier commun.
L’étude analyse également les mutations des activités économiques, l’évolution de la perception de la frontière par les populations ainsi que le rôle de l’État dans la gestion des fonctions fiscales, territoriales et politiques de cet espace, a-t-il ajouté.
Pr Zerbo a particulièrement insisté sur l’ampleur du travail de terrain réalisé par le nouveau docteur.
« Il s’est sérieusement documenté aussi bien au Burkina Faso qu’au Bénin. Les enquêtes menées dans les deux pays lui ont permis de rencontrer de nombreux acteurs, notamment des commerçants, des opérateurs économiques, des transporteurs et d’autres intervenants de l’économie transfrontalière », a-t-il expliqué.
Le document présenté comporte notamment 43 tableaux statistiques, plusieurs cartes et illustrations ainsi qu’une abondante documentation bibliographique composée de revues scientifiques, de textes juridiques et de nombreuses références spécialisées.
Pour le président du jury, cette recherche met en évidence toute la dynamique des échanges commerciaux et culturels entre les populations frontalières, tout en montrant l’importance croissante de la coopération transfrontalière dans les politiques de développement.
« Il ressort de cette étude que la construction des États-nations doit aussi se faire par le bas, à travers une gestion efficace des périphéries et un renforcement de la cohésion entre les populations vivant de part et d’autre des frontières », a-t-il indiqué.
À ses yeux, la coopération transfrontalière constitue aujourd’hui un levier essentiel pour favoriser l’intégration régionale, réduire les tensions frontalières et renforcer les liens entre les peuples.
Selon lui, si les États mettent en place des projets frontaliers communs, les conflits liés aux frontières pourraient être considérablement réduits.
Pour lui, une meilleure intégration des populations frontalières contribuerait également à dynamiser les économies locales, à améliorer les conditions de vie des habitants et à offrir des réponses durables à certaines problématiques sécuritaires.
« Je me suis rendu compte que les populations de cette zone frontalière semblaient être délaissées. J’ai voulu étudier cet espace afin de fournir des éléments pouvant aider les décideurs à mieux intégrer ces populations et à promouvoir le développement de la zone », a confié Dr Gérôme Koga.
De son avis, les résultats de ses recherches peuvent éclairer les autorités burkinabè et béninoises dans plusieurs domaines, notamment les politiques socioculturels, le développement économique local et la gestion durable des ressources naturelles.
Il estime que ces ressources constituent un potentiel important pour les populations riveraines qui en dépendent largement pour leur subsistance.
« Si les États s’appuient davantage sur ces ressources, cela pourrait contribuer au développement de la zone et améliorer significativement les conditions de vie des populations », a-t-il affirmé.
Le chercheur a également recommandé une lutte plus efficace contre les activités frauduleuses qui perturbent les échanges commerciaux dans l’espace frontalier.
« On ne peut pas supprimer totalement ces activités, mais on peut les atténuer. Cela favoriserait naturellement le développement des échanges commerciaux et de l’économie locale », a-t-il soutenu.
Enfin, Dr Koga a plaidé pour une résolution du litige frontalier entre le Burkina Faso et le Benin car malgré son caractère litigieux depuis 1979, elle est un espace de transit et d’échanges entre les deux pays et les populations.
Le litige frontalier constitue un obstacle majeur au développement de la zone. Il freine les investissements des deux États mais également des acteurs non étatiques, a-t-il festigé.
« Si cette question est réglée, je pense que cette région frontalière pourrait devenir un véritable pôle de développement », a-t-il conclu.
Dr Gérôme Koga a soutenu sa thèse de doctorat unique de l’université Joseph KI-Zerbo en histoire sous le thème : « La Frontière dans le jeu des échanges socioéconomiques et culturels entre le Burkina Faso et le Bénin (1960-2020) ». Devant un jury international composé du Président : ZERBO Yacouba , Professeur Titulaire d’Histoire des Relations Internationales, Université Joseph KI-ZERBO , Ouagadougou (Burkina Faso), du Directeur de thèse : BANTENGA Moussa Willy, Professeur Titulaire d’Histoire économique et sociale, Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou (Burkina Faso), des rapporteurs : YAMEOGO Lassane, Professeur Titulaire de Géographie, Université Joseph KI-ZERBO, Ouagadougou (Burkina Faso) et TANANG Essohouna, Maître de Conférences d’Histoire, Université de Kara (Togo) et de l’examinateur : MALAM ISSA Mahaman, Maître de Conférences d’Histoire, Université Abdou Moumouni, Niamey (Niger).
Agence d ‘Information du Burkina
DNK


