Bam : le Naaba Koanga de Rissiam célèbre son Basga
Kongoussi, 24 mai 2026, (AIB)-Le Naaba Koanga du Rissiam, Roi du Rissiam, a célébré sa fête coutumière du Basga le 23 mai 2026 à Zandkoom. Entre rituels et coutumes, ce fut un moment de pure tradition. Retour sur une journée riche en enseignements culturels.
Le palais royal de Zandkoom ne désemplit pas. Très tôt dans la matinée, les populations convergent vers la cour royale pour assister au Basga, cérémonie traditionnelle profondément ancrée dans les coutumes du royaume du Rissiam.
Sous un soleil déjà écrasant, chefs coutumiers, notables, délégations et simples curieux occupent chaque espace disponible. Tous les regards sont tournés vers le palais.
À 13h26 précises, un mouvement parcourt la foule. Dans une atmosphère rythmée par les sons des tam-tams, Naaba Koanga, Roi du Rissiam, fait sa sortie officielle. Il est accompagné du Warba Relwende de Kongoussi (premier prix dans sa catégorie à la SNC 2026) et de plusieurs notables.
Lentement, dans une démarche solennelle, le souverain rejoint son trône et s’y installe, imposant silence et respect autour de lui.
Les premiers appelés sont les anciens (vieux). Au nombre de onze, ils s’avancent ensemble avant de se prosterner devant le Roi selon le rituel.
Dans des paroles presque inaudibles, ils adressent leurs messages au souverain. Le Roi écoute attentivement, hochant parfois légèrement la tête.
Avant cela, l’un des anciens a tenu à exprimer sa reconnaissance au Capitaine Ibrahim Traoré et à son gouvernement pour les efforts consentis dans la protection des populations.
Quelques instants plus tard, le chef Boussouma (village de la commune de Sabcé), communément appelé Boussouma, fait son entrée.
Sa venue ne passe pas inaperçue, puisque tous les fondements du royaume sont détenus par ce dernier.
Entouré d’une forte délégation, il s’avance avec retenue et respect. Une fois devant le Roi, la délégation se prosterne avant d’être reçue selon les usages. Le cérémonial se poursuit minutieusement.
Un notable attire particulièrement l’attention. Toujours aux côtés du Boussouma, il semble orchestrer chaque étape des rites.
Une première calebasse est apportée, puis une autre. Le notable tient lui-même le récipient afin que le Boussouma puisse boire.
Vêtu d’un grand boubou noir richement brodé de jaune-or, ce dernier se prosterne à nouveau devant le souverain pour une nouvelle séquence de salutations sous un soleil de plomb.
L’atmosphère devient encore plus vivante avec l’arrivée des ministres du Roi avec du pain de singe ainsi qu’une calebasse de dolo. Certains anciens, éprouvés par l’âge et la chaleur, peinent à maintenir leur posture.
Vient ensuite le tour des chefs de villages. Ils sont une quarantaine présents, conduits par le chef du village de Coala. Dans une scène mêlant symbolisme et fidélité au trône, chacun se prosterne avant de sortir une contribution glissée dans son bonnet.
À tour de rôle, les dons sont annoncés au roi : » Coala Naaba a donné un bonnet pour souhaiter bonne fête au chef. »
À chaque annonce, les assistants royaux répondent en chœur : « Bonne arrivée ! »
Il est 14h04. Le soleil frappe durement la cour royale. Pourtant, personne ne bouge. Chefs et délégations demeurent accroupis à même le sol.
Dans le rang, le chef du village de Konyonkloanga, un inspecteur de l’Enseignement primaire à la retraite, finit par sortir une serviette afin de protéger sa tête des rayons brûlants.
Les rites se poursuivent toujours. Le Boussouma revient une nouvelle fois devant le roi sous le regard attentif de son notable.
Après cette séquence, le pain de singe et le dolo sont distribués aux chefs de villages et aux membres de la délégation du Boussouma.
Puis intervient une autre sortie du Boussouma. Cette fois, il s’agit de la dégustation du dolo. Mais ici encore, le protocole demeure strict : avant lui, son notable prend d’abord une gorgée.
Après cette étape, les ministres du roi viennent à leur tour présenter leurs salutations au souverain.
À 14h26, après une heure d’intenses rites traditionnels, Naaba Koanga se lève. Le Roi avance majestueusement vers son palais sous les regards admiratifs des participants.
Les délégations commencent progressivement à se retirer. Naaba Koanga est raccompagné avec des sons de tam-tam et des danses vers sa résidence à partir de la porte nord de son palais.
Le cérémonial prend fin. Place désormais aux réjouissances populaires.
S’exprimant à l’issue de la cérémonie, Naaba Koanga a rappelé la portée symbolique du Basga.
« Le Basga est une fête en prélude à la campagne agricole. Des rituels ont été réalisés par le Boussouma avant de nous transmettre le pain de singe que vous avez vu. Au-delà du simple pain de singe, c’est tout un symbole rituel ».
Le Roi a également lancé un appel à l’unité : « Nous invitons les populations à rester toujours unies, à demeurer solidaires afin qu’ensemble nous puissions vaincre l’ennemi commun. Je remercie également le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que l’ensemble de son gouvernement pour le travail abattu », a-t-il conclu.
C’est sur ces mots de Naaba Koanga que le Basga 2026 referme ses portes à Zandkoom. Rendez-vous en début de la saison des pluies l’année prochaine.
Agence d’Information du Burkina
Asmado RABO.


