Burkina : Décès du général Traoré, l’une des figures marquantes de l’insurrection de 2014
Ouagadougou, 25 mai 2026 (AIB)-Ancien chef d’État-major général des armées du Burkina Faso, le Général de division Honoré Nabéré Traoré (69ans), décédé lundi, restera comme l’officier qui tenta d’assurer la Transition en 2014 après la chute du président Blaise Compaoré, avant d’être écarté du pouvoir par le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida en pleine insurrection populaire.
Né le 28 septembre 1957 à Dédougou, dans l’ouest du Burkina Faso, Honoré Nabéré Traoré avait effectué l’essentiel de sa carrière dans l’armée de terre. Considéré comme un officier réservé et discipliné, il avait occupé plusieurs postes stratégiques, notamment auprès du président Blaise Compaoré dont il fut l’aide de camp.
En 2011, dans un contexte de mutineries militaires et de violentes crises sociales, il avait été nommé chef d’État-major général des armées, avec pour mission de restaurer la cohésion des forces armées.
Le Général Honoré Traoré avait brièvement émergé comme homme fort du pays le 31 octobre 2014, au lendemain de manifestations historiques ayant entraîné la chute du président après 27 ans au pouvoir.
Dans un contexte de vacance du pouvoir et de fortes tensions, le Général Nabéré Traoré, alors chef d’État-major général des armées, avait annoncé vouloir « assumer » les responsabilités de chef de l’État afin d’assurer « la continuité de l’État » et préserver l’ordre public.
Mais son initiative avait immédiatement suscité la défiance d’une partie des manifestants, qui voyaient en lui l’incarnation de la continuité du régime déchu. Au sein même de l’armée, le rapport de force lui avait rapidement échappé.
En témoigne cette déclaration du 1er novembre 2014 : « Aujourd’hui, la haute hiérarchie militaire, après concertation à l’État-major général des armées, informe l’opinion nationale et internationale que le lieutenant-colonel Isaac Zida a été retenu à l’unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du pouvoir du président Blaise Compaoré. »
Affaibli, le Général Traoré s’effaçait finalement au profit de Zida.
Après son éviction de 2014, il s’était progressivement éloigné de la scène publique, même s’il intervenait ponctuellement dans le débat national, notamment lors du procès du putsch manqué de septembre 2015.
Le défunt a également occupé le poste de président de la Fédération burkinabè de football de 1997 à 2002.
Agence d’information du Burkina
YOS/ata


