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Mouhoun/Caravane « Kom-pugli karaong Yôondo » : Des sensibilisations pour lutter contre le décrochage scolaire des filles
Tchériba, 21 avr. 2026 (AIB)-La commune de Tchériba a accueilli, le mardi 21 avril 2026, la caravane de sensibilisation sur la scolarisation et le maintien des filles à l’école, dénommée « Kom-pugli karaong Yôondo », à l’initiative du projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique en Afrique subsaharienne plus (SWEDD+).
Cette activité vise à sensibiliser les principaux acteurs du système éducatif et à renforcer leur engagement dans la lutte contre le décrochage scolaire des filles.
A Tchériba, la caravane a été accueillie par les autorités communales, avec à leur tête le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Tchériba, Ouesseni Logora.
Cette caravane intervient dans la commune de Tchériba dans un contexte marqué par l’essor de l’orpaillage artisanal, identifié comme l’un des facteurs majeurs d’abandon scolaire dans la localité.
Le PDS a salué l’initiative du projet SWEDD+, estimant qu’elle contribuera à réduire significativement le phénomène et à préserver l’avenir éducatif des jeunes filles, dont le rôle est déterminant dans le développement socio-économique.
Au cours de son séjour, la caravane a multiplié les rencontres avec les acteurs clés de l’éducation, notamment les leaders coutumiers et religieux, les élèves, l’administration et le personnel enseignant du lycée départemental, ainsi que les membres du conseil d’école.
Avec les leaders coutumiers et religieux, les échanges ont pris la forme de plaidoyers collectifs visant à fédérer les énergies locales autour de la promotion de la scolarisation des filles.
Au lycée départemental de Tchériba, les discussions avec l’administration, les enseignants et les élèves ont permis d’identifier les principales causes de l’abandon scolaire et d’envisager des pistes de solutions.
Parmi les facteurs évoqués, les élèves ont mis en avant les pesanteurs socioculturelles et économiques, notamment les mariages précoces et forcés.
A ce sujet, une élève en classe de Terminale D a relaté le cas d’une camarade contrainte d’abandonner l’école au profit du mariage.
Le proviseur du lycée, Mathias Koumbem, a confirmé ces réalités, indiquant qu’une vingtaine de filles ont quitté l’établissement au cours de l’année scolaire en cours pour diverses raisons.
Il a également souligné l’insuffisance d’infrastructures adaptées à la gestion de l’hygiène menstruelle, une difficulté qui contribue à la déscolarisation de certaines élèves, en particulier celles résidant loin de l’établissement.
Malgré les efforts consentis par l’administration scolaire, notamment à travers la convocation des parents et les actions de sensibilisation, le phénomène persiste.
Toutefois, M. Koumbem a relevé l’engagement des autorités locales qui ont inscrit la problématique du décrochage scolaire des filles parmi les priorités communales, avec pour ambition de freiner son expansion, accentuée par la prolifération des sites d’orpaillage.
Au terme de cette étape, la responsable de la caravane, Hadé Rayaissé/Zougouri, s’est réjouie de la forte mobilisation des acteurs, tant au niveau du lycée que de la commune.
Elle y voit un signe d’adhésion collective à la lutte contre un phénomène aux conséquences multiples, touchant non seulement les filles, mais également le développement économique du pays.
Les différents participants aux séances de plaidoyer ont, pour leur part, pris l’engagement de servir de relais et d’acteurs actifs dans la promotion de la scolarisation et du maintien des filles à l’école, en vue d’un développement harmonieux de la commune de Tchériba.
Agence d’information du Burkina
SLT/SB/HB/OO


