Poa : le jardinage, une alternative durable contre le chômage des jeunes
Poa, 3 fév. 2026 (AIB) – A Yaoguin, village situé à environ trois kilomètres de Poa, le jardinage s’impose comme une véritable source de revenus et d’autonomisation, luttant ainsi contre le chômage des jeunes de la localité. Visite-terrain.
Aziz Bagué, producteur agricole est un exemple éloquent en matière d’engagement.
Passionné d’agriculture depuis son jeune âge, Aziz Bagué explique avoir créé son activité sans attendre une quelconque aide extérieure. « Pour moi, l’agriculture est une activité que l’on peut démarrer sans attendre l’État ou quelqu’un d’autre. C’est une passion, mais aussi un moyen honnête de s’en sortir », confie-t-il.
Contrairement à de nombreux jeunes tentés par l’exode vers les centres urbains, Aziz Bagué a fait le choix de rester au village. « Mon père m’a toujours appris qu’il n’y a pas de sous-métier. Étant l’aîné et le bras valide de mon père, ma conscience ne m’a pas permis d’abandonner ma famille pour aller en ville », explique-t-il.
Grâce au jardinage, il parvient aujourd’hui à subvenir à ses besoins, à payer la scolarité de ses enfants et de ses petits frères, ainsi qu’à prendre soin de sa mère.
Les fruits de cette activité sont palpables. Aziz Bagué affirme avoir acheté une moto à son père, d’une valeur d’environ un million de francs CFA, grâce aux revenus issus de son jardin. « J’ai même reçu des propositions de travail venant de Ouagadougou, mais j’ai refusé, car je m’en sors très bien ici », ajoute-t-il.
Sur le plan technique, le jardin couvre une superficie d’environ deux hectares. L’arrosage se fait à l’aide de tuyaux reliés à un puits de cinq mètres de profondeur, équipé d’une motopompe, garantissant une disponibilité permanente de l’eau.
Les principales cultures pratiquées sont l’oignon, le piment, la tomate, le chou et la pomme de terre.
Toutefois, l’activité n’est pas sans difficultés. Le coût élevé des engrais et l’inefficacité de certains produits phytosanitaires contre les insectes constituent des obstacles majeurs. Aziz Bagué appelle ainsi à un accompagnement technique accru. « Nous souhaitons l’appui des agents de l’agriculture, ne serait-ce que pour un suivi et des conseils techniques », plaide-t-il.
Malgré ces défis, l’activité reste rentable. À l’issue de chaque cycle de production de six mois, Aziz Bagué peut enregistrer une recette nette estimée à environ 2 500 000 FCFA, en dehors des dépenses.
Débutée en 2008, cette aventure agricole inspire aujourd’hui de nombreux jeunes. Aziz Bagué lance d’ailleurs un message fort à l’endroit de la jeunesse de la commune : « J’invite les jeunes à se battre sans attendre une aide extérieure. Aucun travail n’est honteux. L’agriculture est le cœur de l’économie d’un pays. » Il en profite pour rendre hommage aux autorités qui encouragent le travail de la terre, notamment le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, ainsi qu’au ministre de l’Agriculture, Ismaël Sombié, qu’il qualifie de modèle inspirant pour les producteurs.
À Poa, le jardinage apparaît ainsi comme une voie crédible de lutte contre le chômage et de promotion de l’autosuffisance économique.
Agence d’information du Burkina
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