ENTRETIEN PCO SNC Bobo 2026
SNC Bobo 2026 : « Nous demandons aux Burkinabè de se déplacer massivement pour suivre l’ensemble des activités que nous offrons » (Bètamou Fidèle Aymar Tamini)
Bobo-Dioulasso, 13 avril 2026 (AIB)-La 22è édition de la Semaine Nationale de la Culture, (SNC) Bobo 2026 se tiendra du 25 avril au 2 mai 2026 dans la capitale culturelle du Burkina Faso, Bobo-Dioulasso. A moins de deux semaines de l’évènement, le Président du Comité National d’Organisation (CNO) Bètamou Fidèle Aymar Tamini fait le point des préparatifs à l’AIB.
Agence d’Information du Burkina (AIB) : Au moment où le comité d’organisation a été mis en place, qu’elles sont les activités qui avaient déjà été réalisées par la Direction générale de la SNC ?
Président du Comité National d’Organisation de la 22è édition de la SNC Bobo 2026, Bètamou Fidèle Aymar Tamini :
La SNC s’articule autour de plusieurs axes. Pour ce qui est de la préparation, nous avons les activités qui sont menées en année N-1 et les activités finales que nous sommes en train de dérouler présentement.
Les activités de l’année N-1 sont inscrites dans un rétro-planning. Au titre de ces activités, nous aurons entre autres, le choix du pays invité d’honneur, les préparatifs, les éliminatoires de l’édition.
Ces activités sont confiées à la direction générale de la SNC qui a eu cette chance de sillonner l’ensemble du territoire pour procéder à la validation des candidatures des différents groupes artistiques.
AIB : Présentez-nous le comité national d’organisation de la 22è édition de la SNC Bobo 2026 ?
Pour une organisation comme la SNC, on a besoin de mobiliser plusieurs compétences. Après analyse, nous avons pu organiser le comité national d’organisation autour de 22 commissions allant de la programmation à la mobilisation en passant par les activités du jury et autres.
C’est autant de compétences que nous avons mobilisées autour du projet d’organisation de cette 22è édition de la SNC. C’est un projet qui est porté avec beaucoup de dynamisme, beaucoup d’engagement et beaucoup de force afin de réussir cette 22e édition de la SNC.
AIB : Quel est le niveau d’avancement des préparatifs, les difficultés rencontrées ainsi que les défis à relever ?
Nous rendons grâce à Dieu pour ce que nous avons pu réaliser jusqu’ici. Une organisation comme la SNC ne se prépare pas à deux mois. C’est une préparation qui est gérée dans la durée. Nous avons eu deux ans pour préparer l’événement.
Aujourd’hui, nous pouvons dire que le niveau des préparatifs est satisfaisant en ce sens que le comité national d’organisation arrive à relever les défis qui se présentent à lui. Chaque semaine, nous faisons le point avec l’ensemble des commissions.
Jusqu’ici, nous réussissons à prendre en charge les préoccupations. Il n’y a pas de difficultés insurmontables qui a été constatées à ce jour. Ce qui nous laisse croire que nous pourrons tenir la SNC sans grandes difficultés cette année.
AIB : Pour le bon déroulement de la SNC Bobo 2026, quels sont les sites stratégiques retenus pour l’accueil des différentes activités ?
Il n’y a pas eu de grands changements par rapport aux différents sites. Le changement majeur qu’on peut constater, c’est l’utilisation cette année du site de l’Université Nazi Boni pour l’activité littéraire. Nous avons voulu nous rapprocher des étudiants parce que la matière les concerne et parce que l’Institution universitaire a exprimé le besoin que nous avons jugé pertinent.
Cette année, nous aurons les activités littéraires sur le site de l’Université Nazi Boni et sur le site de la chambre de commerce pour ce qui est des dédicaces et autres.
Pour les autres espaces, notamment le siège de la SNC, il y aura la foire artisanale. Le site de la maison de la culture Monseigneur Anselme Titianma Sanon va abriter les activités du Grand Prix National des Arts et des Lettres.
Le village des communautés va accueillir ses festivaliers toujours sur le même site, le site du village artisanal de Bobo-Dioulasso et l’activité de sport traditionnel se tiendra au stade Wobi.
AIB : Pourquoi le choix du thème « Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales » et quel est le message derrière le visuel de cette édition ?
« Culture, jeunesse et transmission des valeurs sociales », c’est un choix qui s’impose par le fait que nous avons une jeunesse qui doit relever des défis en lien avec nos valeurs sociales.
Nous avons une jeunesse qui est souvent confrontée à des réalités et nous pensons pouvoir les réorienter dans le cadre de la vision globale que les plus Hautes autorités ont pour notre pays.
Nous voulons ramener l’ensemble de la jeunesse autour de l’appropriation des valeurs qui ont longtemps caractérisé notre société.
Le visuel est une simple traduction des valeurs du thème à savoir la transmission des valeurs sociales. C’est juste une matérialisation de ce que le thème nous impose comme message.
AIB : Quelle dimension particulière entendez-vous donner à cette 22è édition de la SNC Bobo 2026 ?
La dimension particulière de cette SNC peut être illustrée par l’ensemble des innovations qui seront introduites mais également par le fait que la SNC se tient à la même période que la semaine de la fraternité de la Confédération des États du Sahel (AES).
Nous allons recevoir les pays de l’AES. Nous recevons cette année également la fédération de Russie avec laquelle nous avons de très bonnes relations de coopération et le Ghana qui est le pays invité d’honneur.
Donc il s’agit d’une SNC spéciale au regard des innovations, des profils de nos invités, du contenu et des attentes de l’ensemble des participants.
AIB : A quoi les festivaliers doivent-ils s’attendre cette année à la cérémonie d’ouverture ?
On doit s’attendre à une cérémonie d’ouverture digne de ce nom marqué par un beau spectacle. Nous pensons donner à voir un beau défilé qui est le reflet de ce que nous avons de beau au plan culturel. C’est l’édition de l’excellence et de la perfection.
Nous avons, avec la plupart des membres du comité national d’organisation, eu la chance d’avoir organisé l’événement sur les deux dernières éditions.
Nous avons fait face bien évidemment à des difficultés, nous avons tiré leçon des insuffisances et nous allons les prendre en compte.
Au fil des éditions, nous introduisons toujours des innovations de sorte à renforcer l’intérêt de l’ensemble des festivaliers.
AIB : Pourquoi le choix du Ghana comme pays invité d’honneur ?
Il y a une forte communauté ghanéenne vivant au Burkina Faso, une communauté qui partage nos valeurs. Le Ghana et le Burkina ont un point assez commun en lien avec l’histoire de certaines de leurs populations. Le Ghana et le Burkina ont aussi de très bonnes relations au plan diplomatique.
Ce sont là autant d’arguments qui ont convaincu les plus Hautes autorités à permettre le choix de ce pays comme pays invité d’honneur. C’est une occasion pour nous de célébrer ensemble ce que nous avons comme valeurs culturelles.
AIB : Qu’est-ce que le Burkina Faso attend de la participation du pays invité spécial, la Fédération de Russie ainsi que des pays frères de l’AES ?
Chaque société a sa culture, ses valeurs et ce qui fait la beauté de la vie humaine, c’est le fait de comprendre l’autre à travers sa culture.
Et si nous sommes amis à la Russie, au Ghana, au Mali, au Niger, nous ne pouvons que chercher à mieux les connaître davantage à travers ce qu’ils ont de beau, à travers leurs différences.
Ce qui fait l’amitié également, c’est l’acceptation de la différence de l’autre. La culture c’est un processus assez dynamique qui connait des évolutions. On se nourrit les uns des autres, tout en restant aussi original.
AIB : Combien de festivaliers sont attendus à cette 22è édition de la SNC Bobo 2026 ?
Initialement, nous avions fixé la barre à 750 000, mais les dernières informations que nous avons nous font croire que nous risquons de frôler la barre d’un million de festivaliers.
Cela nous réjouit du fait que de plus en plus, la SNC est une source d’attraction pour l’ensemble des populations burkinabè, de la diaspora et pour les populations étrangères.
Pour la foire d’exposition, nous avons enregistré au moins neuf nationalités, des pays voisins, des pays de l’AES, des pays de l’UEMOA et bien d’autres pays qui se sont manifestés. C’est la preuve que la SNC gagne en notoriété, c’est la preuve que le Burkina Faso demeure un pays très attractif.
AIB : Quel message avez-vous pour les partenaires techniques et financiers qui accompagnent la SNC depuis de nombreuse années ?
Nous voulons d’abord reconnaître la qualité des relations que nous entretenons avec l’ensemble des partenaires qui nous accompagnent dans la durée et qui investissent des ressources pour la bonne organisation de la SNC.
Il faut aussi reconnaître que les défis de la SNC sont énormes et sont immenses et ils évoluent au fil des années. Ce qui nous amène aujourd’hui à demander encore une attention assez particulière de ces partenaires, en vue de nous accompagner dans la mise en œuvre de nos innovations, dans la promotion de notre culture et dans la célébration de notre amitié avec certains pays et la célébration bien évidemment de notre partenariat avec eux.
AIB : Quel message avez-vous pour les festivaliers, les invités et le public burkinabè ?
C’est un appel à la mobilisation pour qu’ensemble nous célébrions ce qui nous rassemble, ce qui nous unit, ce qui fait la fierté du Burkina Faso, pour qu’ensemble également nous puissions contribuer au rayonnement du Burkina Faso à l’international.
C’est vrai que ceux qui nous ont imposé cette guerre s’attendaient à nous voir à genoux, mais aujourd’hui c’est véritablement avec un sentiment de satisfaction que nous voulons présenter aux yeux de ces personnes ce que le Burkina Faso peut faire.
Nous avons toujours été un peuple résilient et nous continuerons par notre culture à montrer que nous sommes des hommes de paix et très engagés à défendre notre dignité et pour rien au monde nous n’allons abandonner nos valeurs.
Le Burkina reste debout, nous restons résilients. Tout ce que nous demandons aux Burkinabè, c’est de rester mobilisés, de se déplacer massivement pour suivre l’ensemble des activités que nous offrons et aussi de rester très disciplinés quant au respect des mesures sanitaires et des mesures sécuritaires.
AIB : Qu’est ce qui est prévu au cours de la Semaine de la fraternité de l’AES ?
La Semaine de la fraternité de l’AES est à sa deuxième édition et comme vous le savez le Burkina assure la présidence de la Confédération et au titre de cette présidence, un certain nombre d’activités sont programmées et notre département a eu la charge de se voir confier l’organisation de cette semaine de la fraternité.
Comme les activités sont aussi proches de celles de la Semaine nationale de la culture, nous avons voulu célébrer l’événement cumulativement.
Bien évidemment c’est un certain nombre d’activités que nous avons essayé d’insérer au cours de la semaine, des activités en lien avec le village des communautés, avec la gastronomie. Il y aura des panels, plusieurs communications. C’est un public de l’AES qui est attendu à Bobo-Dioulasso pour célébrer encore la culture de nos différents pays.
AIB : Quelle sera votre satisfaction au soir du samedi 2 mai 2026 ?
Ma satisfaction au soir du 2 mai serait de voir réaliser l’ensemble des activités au programme. Nous avons inscrit plusieurs activités et cette fois-ci nous tenons la SNC cumulativement avec la semaine de la fraternité de l’AES donc les activités se sont multipliées et la plus grande satisfaction d’un président du comité d’organisation, c’est de se retrouver dans cette salle de la maison de la culture pour voir la prestation des lauréats de la SNC et également de s’assurer que l’ensemble des étrangers ont pu regagner leur région d’origine, leur pays d’origine sans difficulté majeure.
Agence d’Information du Burkina
Entretien réalisé par
WUROTÈDA Ibrahima SANOU


