Verdict/Procès des magistrats : Des condamnations et relaxes prononcées
Koupéla, 24 fév. 2026 (AIB) – La chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Koupéla a livré, mardi, sa décision dans le dossier impliquant des magistrats et d’autres prévenus. Le tribunal a infligé des peines à certains accusés et accordé des relaxes à d’autres, soit parce que les faits reprochés n’étaient pas établis, soit au bénéfice du doute.
Estimant que le jugement ne répond pas entièrement à leurs attentes, plusieurs parties ont annoncé leur intention de faire appel.
Le tribunal a rejeté l’ensemble des exceptions de procédure notamment portant sur la prescription des faits et sur son incompétence comme mal fondé.
Sur le fond, le tribunal a prononcé des relaxes et des condamnations.
Ont été relaxés : Jean-Jacques Wend-Panga Ouédraogo, poursuivi pour corruption d’agents publics, soustraction frauduleuse de pièces de procédure et blanchiment de capitaux ; le douanier Seydou Traoré, poursuivi pour corruption et blanchiment de capitaux ; ainsi que l’avocat Arnaud Sampebré, poursuivi pour révélation de l’identité d’un témoin protégé et violation du secret professionnel.
Le tribunal a estimé que les faits n’étaient pas constitués à leur encontre.
En revanche, sept prévenus ont été reconnus coupables. Les magistrats Urbain Médah et Sandaogo Antoine Kaboré ont été reconnus coupables de corruption et condamnés chacun à 15 mois d’emprisonnement, dont 2 mois fermes.
Le magistrat Mohamed Traoré, poursuivi pour corruption d’agents publics, acceptation de cadeaux indus, trafic d’influence, abus de fonction et blanchiment de capitaux, a été reconnu coupable uniquement pour corruption d’agents publics. Il a écopé d’une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes.
Le magistrat Alban Somé, poursuivi pour corruption, acceptation de cadeaux indus, révélation de l’identité d’un témoin protégé et blanchiment de capitaux, a été reconnu coupable des faits de corruption et de révélation de l’identité d’un témoin protégé. Il a été condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes.
Le douanier Zindi Désiré Nikiéma, poursuivi pour corruption, blanchiment de capitaux et révélation de l’identité d’un témoin protégé, a été reconnu coupable de corruption et de révélation de l’identité d’un témoin protégé. Il a été condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois fermes.
Le douanier Oumarou Yaméogo, poursuivi pour corruption d’agents publics et détention illégale d’arme à feu, a été reconnu coupable de corruption, mais relaxé pour la détention illégale d’arme. Il a été condamné à 15 mois d’emprisonnement, dont 2 mois fermes.
Le parquet, représenté par le premier substitut du procureur du Faso, Ousmane Tiendrébéogo, a salué le verdict en précisant que le tribunal a suivi le ministère public sur une grande partie de sa décision, notamment concernant les exceptions soulevées et l’infraction de corruption d’agents publics reprochée à certains prévenus.
Sur d’autres points, le substitut du procureur s’est dit insatisfait du verdict prononcé et a annoncé qu’il allait interjeter appel afin que la Cour d’appel puisse se prononcer à nouveau sur l’affaire.
De leur côté, certains avocats se sont réjouis de la décision rendue. Me Paul Kéré dont le client a été relaxé de l’intégralité des infractions qui lui sont reprochés, a indiqué approuver la décision soutenant que le « droit a été dit à l’aune des faits ».
Pour les clients condamnés, des discussions contradictoires avec eux seront nécessaires avant de décider s’ils vont ou non faire appel.
Dans tous les cas, chaque partie dispose d’un délai de dix jours à compter du prononcé du verdict pour interjeter appel de la décision.
Agence d’information du Burkina


